L’ELEVAGE CAMELIN

Dans les provinces du sud du Royaume, l’élevage du dromadaire joue un rôle vital puisqu’il a constitué, à travers l’histoire, l’activité autour de laquelle s’organisait l’essentiel de la vie de la population.

En effet, outre sa fonction de source d’approvisionnement des produits de consommation de base (lait, viande), le dromadaire accomplit plusieurs autres fonctions non moins importantes tels que le transport, les déplacements, le rapprochement entre les tribus, en plus de son rôle culturel (manifestations diverses, courses, méharis…), puis tout récemment le dromadaire ne cesse d’animer l’activité touristique dans les zones du sud.

Assa-Zag est connue pour être le fief de l’élevage camelin. 70% des populations locales vivent de ce secteur, qui représente effectivement leur source principale de revenus. Ici et comme dans toutes les zones sahariennes et présahariennes, le dromadaire constitue une partie intégrante de la vie des Sahraouis. Sans le chameau, la vie ici n’a aucun sens. Et dans l’ensemble, il s’agit là et pour toutes les régions du Sud marocain, d’une composante fondamentale du patrimoine culturel et socio-économique.

A Assa-Zag, les productions tirées du dromadaire sont très variées : lait, viande, laine ou animal de bât.

Différents critères sont utilisés pour désigner les types de camelin à savoir la couleur de la robe, l'origine tribale, le relief et les caractères phénotypiques et performances.

On distingue alors le dromadaire de montagne dit "Jebli" et le dromadaire des plaines appelé "Sahraoui".

La chamelle Jebli n'est pratiquement pas traite, alors que la Sahraoui est relativement une bonne laitière et s'engraisse plus rapidement.

Le type Sahraoui est rencontré dans toutes les régions sahariennes du Maroc.
Il est subdivisé en 3 souches ou "races":

  • Guerzni: c'est la race la mieux adaptée aux conditions d'élevage difficiles, les animaux sont de bonnes conformations malgré leur petite, mais sa production laitière est faible par rapport à la race Marmouri (2 à 3 l/j).
  • Marmouri: c'est un type de plaine, de taille moyenne. Il est utilisé comme animal de selle et de transport. La femelle est appréciée par les éleveurs pour ses bonnes aptitudes laitières (10l/j en moyenne) permettant une croissance rapide des jeunes et l'approvisionnement de la famille en lait.
  • Khouari: c'est un type intermédiaire entre les 2 types de dromadaires.

La Caravane Agricole Phosboucraa,  action de proximité, accompagne des centaines de petits éleveurs et agriculteurs de la province d’Assa-Zag pour les sensibiliser et les former aux meilleures pratiques en matière d’élevage, d’alimentation et de santé cameline, ainsi que de valorisation des produits issus de cette filière. Cette caravane a même été étoffée par l’organisation de master classes au profit de plusieurs éleveurs sur des thèmes en relation avec l’amélioration de la productivité et de la valorisation des produits comme moyen d’augmenter les revenus des producteurs. Ces sessions de formation en matière de développement de la chaîne de valeur cameline sont animées par des experts marocains et des spécialistes étrangers.

Des concours de sélection de dromadaires performants sont également organisés avec des prix alloués aux meilleurs «reproducteurs», «chamelles laitières», «chamelons» et «troupeaux».

Pour les éleveurs et les Sahraouis, le chameau est plus qu’un animal. C’est une culture. Car, contrairement à beaucoup d’animaux, le dromadaire se distingue par une nature sensible, malgré son gabarit… Et son élevage nécessite avant tout émotion et amour, dit-on dans le désert. D’ailleurs et depuis des lustres, l’animal a toujours été le fidèle compagnon de l’homme et son serviteur tout terrain dans les conditions climatiques les plus dures.

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